L'évangile du jeudi (Lc 13, 31-35)

Sommaire du texte de l’évangile

Des Pharisiens viennent conseiller à Jésus de s’en aller parce qu’Hérode veut le faire mourir. Jésus répond qu’il fait maintenant, aujourd’hui et demain, ce qu’il doit faire: chasser les démons et faire des guérisons. Après cela, le troisième jour, il aura atteint son but: de rendre le témoignage d’un prophète, ce qui doit se faire à Jérusalem. Ce n’est pas Hérode qui peut causer sa mort mais Jérusalem qui tue les prophètes. C’est à Jérusalem qu’il voulait rassembler les enfants de Dieu mais Dieu va abandonner son temple aux mains de ceux qui ont tué le prophète. On ne pourra voir Jésus à moins de le reconnaître comme celui qui vient au nom du Seigneur.

Réflexion

La montée de Jésus vers Jérusalem, commencée au chapitre 8, est pour Luc le symbole de l’oeuvre du Christ. Cette montée représente l’accomplissement de son oeuvre, son retour au Père qui passe par la Passion et sa victoire sur la mort.

Luc décrit ainsi le départ pour Jérusalem: Or il advint, comme s’accomplissait le temps d’être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem. (Luc 8,51)

L’accomplissement du temps souligne qu’il y a un plan d’action dans la mission de Jésus et qu’il n’agit pas par hasard mais bien pour être fidèle à cette mission. D’autre part, la mention être enlevé représente pour Luc la Passion, la mort, la Résurrection et l’Ascension, ce que Jean appelle la glorification de Jésus.

Ce départ suit la mission des Douze dont les échos viennent aux oreilles d’Hérode et le rendent perplexe. Il se demande si c’est un autre Jean Baptiste et il cherchait à le voir. Or la ressemblance de Jésus avec Jean Baptiste tient au fait qu’il attire des foules. C’est ce qui avait provoqué l’arrestation de Jean-Baptiste selon l’historien Flavius Josèphe. Mais il y a une différence entre Jésus et Jean: Jésus fait des miracles. Quand Jésus est envoyé par Pilate devant Hérode, Luc note: Hérode fut tout joyeux car depuis assez longtemps il désirait le voir ... il espérait lui voir faire quelque miracle. (Luc 22,8) C’est donc plutôt la curiosité que la crainte qui attire l’attention d’Hérode. Aussi Jésus l’appelle un renard comme si cette menace n’était qu’une feinte de sa part, simplement pour le faire s’éloigner de son territoire et aller attirer les foules ailleurs.

Quel que soit le motif, l’incident représente un obstacle à la mission de Jésus: c’est le point qui intéresse l’évangéliste car il est l’occasion pour Jésus de révéler un aspect de sa mission.

Cette mission, il la compare à une route, un cheminement de trois jours. Les deux premiers sont ceux de la proclamation du Règne de Dieu illustré par les expulsions des démons et les guérisons. Le troisième jour est celui de la mort à Jérusalem qui complète parfaitement la mission et qu’Hérode, ni aucun accident, ne peut entraver. Jésus dira plus tard:  Je donne ma vie pour la reprendre. Personne ne me l’enlève mais je la donne de moi-même.
(Jean 10,17-18)

Mais malheureuse sera Jérusalem par qui viendra le refus du Règne de Dieu et de son envoyé: Dieu abandonnera le temple qui ne sera plus le temple de Dieu mais seulement leur temple. Elle ne verra l’envoyé du Seigneur qu’au moment où il reviendra en gloire à la fin des temps: il sera trop tard.

Jean Gobeil, s.j.

 


 

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