L'évangile du jeudi (Jn 16, 16-20)

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « D'ici peu vous ne me verrez plus, puis peu de temps après vous me reverrez. » 17 Quelques-uns de ses disciples se dirent alors entre eux : « Qu'est-ce que cela signifie ? Il nous déclare : «D'ici peu vous ne me verrez plus, puis peu de temps après vous me reverrez», et cette autre parole: «C'est parce que je m'en vais auprès du Père». 18 Que signifie ce «peu de temps» dont il parle ? Nous ne comprenons pas ce qu'il veut dire. » 19 Jésus se rendit compte qu'ils désiraient l'interroger. Il leur dit donc : « Je vous ai déclaré : «D'ici peu vous ne me verrez plus, puis peu de temps après vous me reverrez.» Est-ce à ce sujet que vous vous posez des questions entre vous ? 20 Oui, je vous le déclare, c'est la vérité : vous pleurerez et vous vous lamenterez, tandis que le monde se réjouira ; vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie. »


La peine se changera en joie

Notre existence humaine se partage en des périodes de peine, suivies de moments de joie. Dans la pensée juive, la peine et la tristesse parsèment la vie d'ici-bas, mais la joie dans l'au-delà suivra.

La perspective du départ de Jésus et de la tristesse que cette séparation causera aux disciples (16,5-7) occupe le centre du discours. La préoccupation ne porte plus sur l'endroit où Jésus s'en va, mais sur le délai entre son départ et son retour, sur l'opposition entre l'angoisse suscitée par sa disparition et la joie de sa nouvelle venue. La répétition à sept reprises de l'expression "un peu de temps" (vv.16-19) fixe expressément l'attention sur cette brève période entre le départ prochain de Jésus, qui sera suivi de son retour.

Dans le contexte du repas d'adieu, Jésus fait allusion à sa passion et à sa mort imminente, qui sera suivie de sa résurrection. Jésus insiste sur la brièveté de cette tristesse. Le "peu de temps", c'est le délai entre sa mort sur la croix, son départ, et son retour, quand il apparaîtra à ses disciples trois jours plus tard. À chacune de ces apparitions, la joie des disciples éclatera.

Au-delà du sens immédiat du départ et du retour de Jésus, l'évangéliste voit le contraste pénible vécu dans l'avenir par chaque membre de l'Église. Étranger au monde dans lequel il vit, le chrétien subit l'incompréhension et l'indifférence, l'hostilité et l'oppression des gens qui l'entourent.

Présence du Christ dans la souffrance

Cette joie que le Ressuscité communique aux siens est indépendante des changements dans le monde. Ici-bas, tous les moments de joie sont mélangés de soucis ou de craintes. La joie du Seigneur est pure, elle dissipe tout le passé de souffrances: "Il essuiera toute larme de nos yeux." (Apoc 21,4)

La souffrance deviendra pour le chrétien source de joie, parce qu'il découvrira en elle la présence de Jésus. « Le Christ n’est pas venu pour nous expliquer la souffrance, il n’est pas venu pour la supprimer, mais il est venu pour la remplir de sa présence. » (Paul Claudel)

Dieu nous a créés pour la joie. Mais nous ne pouvons accueillir cette joie parfaite, profonde et définitive, sans passer par la purification de la croix.

Jean-Louis D’Aragon, s.j.

 

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