L'évangile du jeudi (Mt 25, 31-40)

Sommaire du texte de l’évangile

Le Christ parle à ses disciples de sa venue. Ce sera celle du jugement dernier où, entouré des anges, le Fils de l’homme est assis sur un trône de gloire comme un Roi devant qui comparaissent toutes les nations. Il y a d’abord une séparation: les bons sont à droite, les mauvais à la gauche. Aux bons le Roi déclare: Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Suit l’énumération des bonnes oeuvres que les bénis ont faites pour les autres, en réalité pour le Christ lui-même. Le texte de l’épître de Paul est l’hymne à la charité.


Réflexion

L’évangile nous donne une vision du jugement dernier dans le ciel: le Christ est glorieux, assis sur un trône comme un roi et entouré des anges. L’épître nous situe bien sur la terre: Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir. Si on se rappelle que les miroirs du temps de saint Paul étaient en métal poli, on comprend qu’on parle de la vision actuelle, la vision de la foi par opposition à la vision face à face que nous aurons dans le ciel.

Le jugement est le moment pour les bénis du Père de recevoir le Royaume en héritage. Un héritage suppose un lien de famille avec celui de qui on le reçoit. Les bénis du Père font partie de la famille du Père. Cet héritage a été préparé depuis la création du monde. C’est dire qu’au départ du monde il y avait une intention de Dieu; il y avait un dessein d’amour. La Genèse dit qu’un Esprit planait sur les eaux, un Esprit d’amour, disent les commentaires. C’est maintenant la réalisation qui est décrite: le Royaume est donné aux bénis du Père.

L’accueil qui est fait à ces bénis du Père est lié à l’accueil qu’ils ont fait à ceux qui étaient dans le besoin. Le Christ se déclare solidaire de ceux qui ont faim, qui ont soif, qui sont seuls, qui sont pauvres ou qui sont malades. Ce qui est fait pour eux est fait à Lui.

C’est de cet amour concret sur la terre dont parle saint Paul dans son hymne à la charité. Il commence en disant : L’amour prend patience, l’amour rend service. On peut appeler cela les aspects passif et actif de l’amour. L’aspect passif comprend l’amour des ennemis. Il comprend ceux qui sont déclarés doux dans les béatitudes, c’est-à-dire ceux qui, non par nécessité ni par tempérament naturel, choisissent la non-violence. Les “ennemis” sont rares mais ceux qui nous agacent le sont moins... L’amour devient patience à l’image de la patience du Père pour nous, L’aspect actif de l’amour se retrouve dans le service qui est un mot qui fait partie de la définition d’un chrétien puisque le Christ a déclaré qu’il était venu pour servir et sauver tous les hommes. C’est un service animé par l’amour qui l’a fait aimer jusqu’au bout.

Paul conclut en disant qu’aujourd’hui nous avons besoin de la foi, de l’espérance et de la charité mais lorsque nous verrons le Roi face à face, la foi et l’espérance disparaîtront, mais la charité, elle, restera.

Une icône, intitulée Le Sauveur, montre le Christ qui enseigne. Il tient en main un livre ouvert qu’il nous montre. Sur la page, nous voyons la citation de notre texte de Matthieu. Mais le peintre a changé une lettre dans la citation. Au lieu de “l’héritage préparé pour vous”, il a mis “l’héritage préparé pour nous”. Il rend ainsi présente et actuelle la promesse du Christ pour les spectateurs d’aujourd’hui qui méditent cette parole du Christ. C’est sans doute bien conforme à l’intention de l’évangéliste qui voulait rappeler à ses lecteurs que le Royaume était leur héritage à condition de se rappeler qu’ils étaient des enfants de Dieu et que derrière ceux qu’ils servaient avec amour il y avait la présence du Christ.

Jean Gobeil, s.j.
 

Tournée virtuelle

Nouvelles

Winter Weekend Retreat Vendredi, Février 6, 2015 - Dimanche, Février 8, 2015