L'évangile du jeudi (Mt 22, 1-14)

Sommaire du texte de l’évangile

Jésus annonce une parabole sur le Royaume des cieux. Un roi envoie des serviteurs pour inviter des gens aux noces de son fils. Certains préfèrent s’en aller à leur champ ou à leur commerce, d’autres maltraitent et même tuent les serviteurs du roi. Le roi en colère envoya ses troupes tuer les meurtriers et brûler leur ville. Le roi envoie ensuite des serviteurs sur les chemins pour rassembler ceux qu’ils verraient, les bons comme les mauvais, et remplir la salle de noce. Le roi découvre un convive qui n’a pas le vêtement de noce; il le fait jeter dehors. La conclusion: une multitude est appelée mais les élus sont peu nombreux.

Réflexion

L’évangile présente une journée de prédication de Jésus au temple. Dans une série de trois paraboles, Jésus illustre le refus d’Israël à l’invitation de Dieu. La première décrivait des enfants (les Juifs) qui refusaient de participer à un jeu de funérailles (le message de Jean Baptiste) et qui refusaient aussi de jouer dans une célébration joyeuse (le Message de Jésus). La seconde était celle des vignerons chargés d’une vigne (les autorités d’Israël) qui refusaient ou maltraitaient les envoyés (les prophètes) du maître de la vigne (Dieu) et qui finissaient par tuer le fils du maître de la vigne (Jésus). Le maître remplacera ces vignerons par d’autres (les païens et les pécheurs).

La troisième est celle que nous avons aujourd’hui. Elle aussi est remplie de traits allégoriques. Le roi qui envoie des serviteurs est Dieu. Les serviteurs sont les prophètes mais aussi les apôtres à cause de la mention des noces.

Les noces étaient une figure déjà employée par Osée pour illustrer la relation que Dieu voulait avoir avec son peuple: Je te fiancerai à moi pour toujours; je te fiancerai dans la justice et dans le droit, dans la tendresse et la miséricorde; je te fiancerai à moi dans la fidélité, et tu connaîtras Yahvé. (Osée 2,21-22)

La félicité messianique sera illustrée par la joie des noces et Jésus, lui-même, se présentera comme l’époux en disant que les disciples ne peuvent mener le deuil, c’est-à-dire jeûner, quand l’époux (lui-même) est présent parmi eux (Matthieu 9,15). La mention des noces du fils indique donc que le temps de cette première partie du texte est le temps historique, le temps vécu par les apôtres. C’est le temps du rejet des envoyés de Dieu, de Jésus et de ses disciples.

La mention que le roi enverra des serviteurs brûler la ville évoque la destruction de Jérusalem en l’an 70 que le rédacteur de l’évangile a connue.

Le roi envoie chercher en dehors de la ville, sur les routes (en dehors de la Palestine), les bons et les méchants pour qu’ils viennent au banquet. C’est une référence aux païens et aux pécheurs qui sont maintenant appelés à faire partie du Royaume, un rappel que Matthieu sent le besoin de faire pour sa communauté.

La partie qui suit est une seconde parabole. Le temps n’est plus le même. C’est le temps du banquet céleste et le temps du jugement dernier. Quelqu’un a accepté l’invitation au banquet céleste mais il n’a pas la tenue convenable. Il est donc exclus de ce banquet. Ce personnage représente quelqu’un qui a accepté le Christ mais n’a jamais produit aucune oeuvre de justice.

C’est donc un rappel à la communauté de Matthieu et à la nôtre que la foi sans les oeuvres n’est pas suffisante.

La conclusion sur le grand nombre d’invités et le petit nombre d’élus, venant après l’exclusion de l’invité qui n’avait pas le vêtement de noce, est peut-être apportée pour les chrétiens: ils sont des invités qui ont accepté l’invitation: il ne faut pas qu’ils se considèrent des élus et qu’ils oublient les fruits qu’ils doivent produire.

Jean Gobeil, s.j.

 

 

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