L'évangile de jeudi (Jn 13, 16-20)

13 16 Après avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus parla ainsi: Oui, je vous le déclare, c'est la vérité : un serviteur n'est pas plus grand que son maître et un envoyé n'est pas plus grand que celui qui l'envoie.17 Maintenant vous savez cela ; vous serez heureux si vous le mettez en pratique. 18 Je ne parle pas de vous tous ; je connais ceux que j'ai choisis. Mais il faut que cette parole de l'Écriture se réalise : «Celui avec qui je partageais mon pain s'est tourné contre moi.» 19 Je vous le dis déjà maintenant, avant que la chose arrive, afin que lorsqu'elle arrivera vous croyiez que «je suis qui je suis». 20 Oui, je vous le déclare, c'est la vérité : quiconque reçoit celui que j'envoie me reçoit aussi ; et quiconque me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé.

Commentaire

L’humiliation du lavement des pieds des disciples par Jésus exprimait dans un geste symbolique le sacrifice de la croix. Jésus explicite maintenant la manière d'agir des chrétiens à la suite du geste posé par leur "Maître" (celui qui enseigne) "et Seigneur " (celui qui commande).

La vocation de servir

Dans les trois évangiles précédents (Mc 10,32-45; Mt 20,17-28; Lc 22,25-29), Jésus enseignait qu’il était le Serviteur et que son disciple devait servir de la même manière que son Seigneur. Ce service volontaire découlait du sacri¬fice de Jésus.

"Comme" ne signifie pas seulement que le service des chrétiens imitera celui de Jésus. Ils doivent servir comme le Christ Jésus, parce qu'ils ont accepté, par la foi et le baptême, la vie du Crucifié. Le geste de Jésus devient en eux un ferment d’amour qui s’épanouit dans le service.

Les vv. 16 et 20 signalent deux autres motifs d'imiter et de suivre Jésus dans la voie du service. L'esclave partage la destinée de son Maître, parce qu’il a voulu librement se livrer à lui et lui appartenir. L'envoyé représente et prolonge celui qui l'envoie. En lui, apparaît la figure de son Maître. À son serviteur qui pratique à sa suite ce qu’il enseigne, le Seigneur Jésus promet le vrai bonheur. (v.17).

La trahison assumée dans le sacrifice

En citant le Ps 41,10, Jésus associe Judas à cet ami intime de David, qui commet un acte subit de traîtrise et de violence contre son hôte, dont il partage la table. L’image est celle de la ruade subite du cheval ou de l’âne. Cette trahison marquera le début de la Passion, « l’heure » de la glorification du Christ. L’amour du Fils pour son Père se manifestera parfaitement dans le don de sa personne. Lorsque "l'heure" sera accomplie, les disciples seront en mesure de croire que Dieu, le Seigneur, est parfaitement présent en Jésus, qui peut affirmer lui aussi "Je Suis".

Jean-Louis D’Aragon, s.j.
 

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