L'évangile de jeudi (Mt 24, 42-51)

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra. 43 Comprenez bien ceci : si le maître de la maison savait à quel moment de la nuit le voleur doit venir, il resterait éveillé et ne le laisserait pas pénétrer dans sa maison. 44 C'est pourquoi, tenez-vous prêts, vous aussi, car le Fils de l'homme viendra à l'heure que vous ne pensez pas. » 45 « Quel est donc le serviteur fidèle et intelligent ? En voici un que son maître a chargé de prendre soin des autres serviteurs pour leur donner leur nourriture au moment voulu. 46 Heureux ce serviteur si le maître, à son retour chez lui, le trouve occupé à ce travail ! 47 Je vous le déclare, c'est la vérité : le maître lui confiera la charge de tous ses biens. 48 Mais si c'est un mauvais serviteur, il se dira : «Mon maître tarde à revenir», 49 et il se mettra à battre ses compagnons de service, il mangera et boira avec des ivrognes. 50 Eh bien, le maître reviendra un jour où le serviteur ne l'attend pas et à une heure qu'il ne connaît pas ; 51 il chassera le serviteur et lui fera partager le sort des hypocrites, là où l'on pleure et grince des dents. »

Commentaire

Jésus se compare à un voleur

Le voleur a toujours deux avantages sur le propriétaire qu’il dépouille : la manière de dérober et le moment de son méfait. Voici un exemple inusité. Un couple résidant dans la banlieue de Montréal reçut un jour par la poste deux billets gratuits pour un concert à la Place des Arts. Heureux de cette aubaine, ils passèrent une soirée agréable à écouter la musique symphonique. Mais, à leur retour au foyer, ils constatèrent que leur maison avait été dévalisée. C’était une manière originale des voleurs d’avoir toute liberté pour s'introduire dans cette résidence et pour y dérober ce qu'ils désiraient ! Et que dire des malfaiteurs qui téléphonent à une résidence pour s’assurer que les propriétaires en deuil sont absents, soit au salon mortuaire, soit à l’église !

Comment Jésus peut-il se comparer à un personnage aussi odieux qu’un voleur ? Comment concilier avec l’amour de Dieu cette irruption à l’improviste dans notre existence, dans des circonstances souvent imprévues ? Est-il possible que le Seigneur manifeste son amour pour nous en agissant d’une manière aussi déconcertante ?

Deux attitudes face à l’avenir

Nous sommes inquiets quand nous pensons à notre avenir, surtout lorsqu'il s'agit du dernier instant de notre vie. Nous avons bien peu d’emprise sur ce qui nous arrivera dans le futur. Une première manière d’y faire face et de désamorcer notre inquiétude consiste à essayer de percer ce mystère et de planifier notre avenir. Depuis de nombreux siècles, on a tenté de connaître l’avenir au moyen de la divination, de la magie, des astres… On veut tellement savoir qu’on croit naïvement celui ou celle qui prétend lire l’avenir dans le jeu de cartes, les feuilles de thé, les signes du zodiaque,… On essaie de prendre en main son avenir, d’avoir une mainmise sur le lendemain et de recourir aux moyens appropriés.

À l’opposé, celui qui a la foi place sa confiance non en lui-même et dans ses propres moyens, mais dans la bonté de Dieu. Par la foi, il vit dans une Alliance d’amour avec son Seigneur. La foi et l’amour ne peuvent exister chez le chrétien sans la confiance, qui l'incline à ne pas se replier sur lui--même, mais de remettre sa vie et sa personne entre les mains de Celui qu’il aime. Savoir longtemps à l’avance le moment de sa mort ne serait plus dans l’ordre de la foi et de la confiance, mais dans celui de la prévoyance humaine.

Être toujours prêt !

De nos jours, la majorité des gens vivent noyés dans le moment présent. Les plus jeunes veulent tout, dans l’instant présent. L’avenir ? On n’y pense pas et, surtout, on essaie d’oublier la fin de son existence. On sait qu’un jour on mourra, mais il vaut mieux ne pas y penser et vivre dans le moment présent.

Quand on essaie de ne jamais penser à la fin qui pourrait survenir à n’importe quel moment, on vit dans une fausse sécurité. La routine et la monotonie s’installent. Aussi Jésus nous prévient qu’il faut veiller, c’est-à-dire être toujours en alerte, sur le qui-vive. Ce stimulant nous protège contre l'ennui et la grisaille de l’existence. Un artiste pratique son art chaque jour afin d’être toujours prêt pour une compétition ou pour un concert.

Dieu a donné à chaque personne une personnalité, un ensemble de qualités pour remplir ses responsabilités dans le monde. Chacun(e) doit être le serviteur persévérant et avisé, qui accomplit fidèlement sa mission.

Une parabole

Dans une leçon de pédagogie, on imagine trois démons comparaissant devant leur maître, « Le Prince de ce monde. » Celui-ci demande à chacun sa tactique pour corrompre et perdre les humains. Le premier dit qu’il voudrait les convaincre que Dieu n’existe pas et qu'ils sont libres de tout faire. Mais Lucifer rejeta cette tactique : « Voyons ! Les hommes regardent la nature et le ciel, puis ils demandent ‘Qui a fait tout cela ?’ Le second proposa de répéter au monde que l’enfer n’existe pas et que les gens n’ont rien à craindre. Nouvelle tactique rejetée : « L’enfer existe déjà sur la terre. Des gens le disent eux-mêmes : ‘Je vis un enfer!' » Le troisième s’avançe avec son programme : « Je vais leur répéter de ne pas se préoccuper, qu’ils ont tout le temps. » « Voilà la bonne tactique ! » s’écria Satan. « Les gens vont se dire : « Demain, plus tard ! Pourquoi changer, pourquoi faire un effort pour se convertir? J’ai tout le temps. »

Jean-Louis D’Aragon, S.J.
 

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