L'évangile de mardi (Jn 14, 27-31a), Saint Eugène de Mazenod, évêque ; Saint Christophe Magallanès, prêtre et ses compagnons, martyrs

C’est la fin du premier discours d’adieu. Au moment de quitter le cénacle (14,31b: Levez-vous. Partons d’ici.), Jésus laisse la paix à ses disciples en précisant que c’est lui qui la leur donne. Il promet de revenir mais invite les disciples à se réjouir puisqu’il retourne au Père qui est plus grand que lui. L’heure du prince de ce monde (le pouvoir du mal) approche. Il les invite à croire, c’est-à-dire à voir dans la Passion non pas la victoire du mal mais bien l’amour du Fils pour le Père.

Jésus laisse la paix. Il donne sa paix. Ce n’est pas celle du monde, ajoute Jésus. Paix, Shalom, a servi et sert encore de salutation. Elle sert aussi d’adieu. Comme salutation, elle comporte un souhait comme dans la version arabe, salamalec, Paix à toi. Elle peut représenter une absence de guerre et une sécurité matérielle mais elle a plus d’importance que cela. Elle un aspect positif; l’idée de quelque chose de complet. Elle représente l’existence de quelqu’un qui est en harmonie avec la nature, avec lui-même et avec Dieu. Il n’est donc pas surprenant qu’elle soit une caractéristique de l’Alliance: comme elle, la paix est un don de Dieu.

La paix est quelque chose qui accompagne le Règne de Dieu, ce que Isaïe voyait comme le but de l’histoire du salut quand il disait:

Qu’ils sont beaux, sur les montagnes, les pieds du messager qui annonce la paix, du messager de bonnes nouvelles qui annonce le salut, qui dit à Sion: “Ton Dieu règne.”  (Isaïe 52,7)

La paix est l’état de salut qu’apporte le Règne de Dieu.

C’est un don qui sera réalisé complètement quand le Règne de Dieu sera manifesté à la fin des temps.

Mais avec la présence du Christ, cette paix commence à se manifester:  les anges annoncent la paix.

Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix aux hommes, objets de sa complaisance.   (Luc 2,14)

Jésus est la source et la réalité de la paix:

Je vous laisse la paix; c’est ma paix que je vous donne.   (Jean 14,27)

Cette paix ne doit pas être affectée par la perspective de son départ, c’est-à-dire par la Passion et par la victoire apparente du mal. C’est pourquoi Jésus ajoute:

Que votre coeur ne se trouble pas et ne s’effraie.   (Jean14,27d)

C’est la paix qu’il a laissée aux chrétiens:

Que la paix du Christ règne dans vos coeurs: tel est bien le terme de l’appel qui vous arassemblés dans un même Corps. (Colossiens 3,15)

Je pars vers le Père car le Père est plus grand que moi.

L’interprétation commune est que le Père, en tant que l’envoyeur, est plus grand que l’envoyé qui, lui, a dû laisser sa gloire pour prendre la nature humaine.

Jésus déclare son amour pour le Père. C’est ce qui justifie son acceptation de la Passion en toute liberté et non à cause d’un pouvoir supérieur du prince de ce monde. Jésus avait déjà déclaré que personne ne pouvait lui enlever sa liberté:

Le Père m’aime parce que je donne ma vie pour la reprendre. Personne ne me l’enlèvemais je la donne de moi-même.    (Jean 10,17-18)

La Passion est donc le retour au Père, le retour à la gloire qu’il avait laissée pour prendre la nature humaine.

Jésus déclare que les disciples devraient se réjouir de ce qu’il retourne à l’amour du Père.

Jean Gobeil SJ    

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