L'évangile de mardi (Mt 18, 12-14)

Jésus prend un exemple de la vie courante. Si quelqu’un a perdu une brebis, il laisse là le troupeau pour aller à sa recherche. Cette brebis perdue devient plus importante que le reste du troupeau et lorsqu’elle est retrouvée elle cause plus de joie que les 99 brebis du troupeau. Jésus fait l’application de cette conduite à celle du Père: il ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu.

Ce qui frappe d’abord c’est la disproportion entre une brebis et les 99 autres. Ce n’est pas un récit imaginaire. C’est la façon normale de procéder pour un berger qui découvre qu’il lui manque une brebis. Un cas semblable est même passé à l’histoire. En 1947, un berger dans le secteur de Jéricho laisse son troupeau à la fin de la journée pour chercher la brebis qui manque. Au pied des falaises de la Mer Morte, il inspecte les trous dans lesquels une brebis pourrait rester prisonnière. Il commence à faire noir. Dans un trou dont il ne peut pas voir le fond, il jette une roche pour voir s’il n’y aurait pas une réaction de la brebis. Au lieu de cela, il entend un fracas de poterie cassée.  Effrayé, il se sauve mais revient le lendemain avec un copain. Au fond du trou qui est en fait une caverne, il découvre une collection de jarres contenant des rouleaux de parchemins. C’était la première découverte d’une cachette de manuscrits: les manuscrits de la Mer Morte reliés à la communauté de Qumran qui était active au temps de Jésus.

La disproportion devient très importante quand Jésus applique l’exemple du berger au Père qui est dans les cieux. Non seulement ceux qui sont perdus sont importants pour lui mais encore c’est lui qui prend l’initiative d’aller à leur recherche. C’est l’écho d’une parole de Jésus dans l’évangile de Luc : Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.  (Luc 19,10)

Il y a donc d’abord une perspective universaliste dans ce récit. Tous ceux qui sont perdus sont importants aux yeux de Dieu. Mais cette perspective a des retombées au niveau de la communauté.  Celle-ci ne doit pas exclure personne: elle doit rester ouverte à ceux que Dieu cherchent et veut sauver. Mais il y aussi dans la communauté des petits qui sont plus faibles que le reste du troupeau. Peut-être n’ont-ils pas de statut social comme des richesses ou de l’importance; peut-être aussi n’ont-ils pas beaucoup de connaissance. Saint Paul connaît de ces petits dans ses communautés; c’est pour eux qu’il est prêt à renoncer à des pratiques bien innocentes si elles peuvent les scandaliser ou leur nuire. « C’est mon droit » est une formule magique de nos jours. Mais le droit individuel n’est pas la première préoccupation d’un disciple du Christ. Pour quelqu’un dont l’idéal est de servir, le droit n’a jamais préséance sur les besoins des autres. Matthieu voit certainement cet aspect important pour sa communauté. Il a placé ce récit au milieu d’un ensemble d’instructions de Jésus qui s’adressaient à ses disciples mais visaient en même temps les communautés futures. Elles peuvent certainement nous être utiles encore aujourd’hui.

Jean Gobeil SJ

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